Balade dans les Abymes du Granier
"P'tite rando" de Jaco-Rando du 20 mars 2026
« Dans la soirée, par un temps serein, avec une lune dégagée, il se met soudain à souffler des vents épouvantables. On voyait l'air trembler! »
« Et par les diables furent causés grêles, tempêtes et tremblements de terre si étranges que le sommet du rocher de ladite montagne du Granier tomba en de prodigieux quartiers. »
« Et s'épancha ledit abîme d'une grande lieue de large et de long, jusqu'aux talons des pauvres religieux qui étaient en dévotion devant l'image de la Vierge, où ledit abîme s'arrêta tout court, sans pouvoir passer outre, et sans faire de mal auxdits religieux. »
C'est ainsi que le moine capucin Fodéré (1616)... relate l'effondrement du Mont Granier le 24 novembre 1248 qui a causé la destruction de cinq paroisses et fait environ 1 000 victimes, faisant de cet événement la pire catastrophe naturelle de l'histoire des Alpes.
Il existe plusieurs écrits relatant la catastrophe, rédigés dans les décennies qui ont suivi et jusqu’au 17e siècle., comme celui relaté ci-dessus.
Les Annales d’Erfurt, elles, évoquent :
« Une montagne toute de pierres et élevée vit ses rochers se séparer et, s’effondrant, se répandit sur un espace de près d’une lieue : elle écrasa deux monastères, l’un de moines noirs et l’autre de Prémontrés. »
Voici une gravure sur bois extraite d'un ouvrage dénommé « Liber chronicarum » de Hartman Schedel (1493), illustrant la catastrophe du Mont Granier :
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(Ceux qui savent le latin seront bien inspirés de me faire la traduction de ce texte.
J'ai trouvé ces textes et documents au cours d'une recherche sur le « web ! »
Depuis cet événement tragique, la montagne s'est calmée, même si de temps en temps quelques soubresauts ou tressaillements font débarouler quelques cailloux. La situation est telle que nous pouvons aller nous balader tranquillement dans les éboulis de la gigantesque coulée que l'on dénomme « les Abymes ».
Tout au long de notre balade, le Mont Granier nous surplombera de sa masse énorme.
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On trouve encore, de part en part, d'énormes blocs de rocher, témoins de la catastrophe.
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Au départ de Saint André Les Marches, nous partons en suivant l'ancienne frontière entre les états de Savoie et le royaume de France. Une borne bien mise en valeur atteste encore de cette époque.
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De nombreux petits lacs se sont formés dans les dépressions du culot tourmenté de l'avalanche de pierres et de débris de toutes sortes. Nous arrivons ainsi au lac Froment, puis assez rapidement nous contournons l'ancien lac de Bey, désormais complètement comblé.
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Nous traversons ensuite les contreforts du Mont Granier pour rejoindre le hameau de Lachat.
On distingue encore des petites terrasses soutenues par des murets de pierre, traces de l'exploitation agricole de ces territoires reconquis par les hommes.
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De Lachat, nous descendons assez rapidement à travers les vignobles des Abymes vers le Moulin de la Tourne, ancienne papeterie artisanale, fermée depuis quelques années.
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La vue est bien dégagée vers les montagnes de Belledonne et des Bauges, encore bien enneigées.
Le printemps semble déjà bien installé, les fruitiers sont superbement fleuris.
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Toutes les photos sont ICI